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Bastidarra : peau neuve à la laiterie
Modifié le mardi 1 septembre 2026
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À Bardos (64), une laiterie transforme bien plus que du lait, elle réinvente la valorisation locale. Après avoir bâti sa notoriété sur les yaourts et fromages frais, Bastidarra s’attaque désormais au petit lait pour en faire de la cosmétique.
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Depuis 15 ans, la laiterie Bastidarra fabrique bien plus que des yaourts. "Notre mission consiste à valoriser et pérenniser nos ressources et notre territoire", énonce fièrement son fondateur Hubert Candelé. Un mantra écrit sur les murs de l’entreprise et gravé dans son ADN.
Fils d’agriculteurs et ingénieur agronome, le patron sait de quoi il parle. Dans l’atelier de fabrication, 1,3 million de litres de lait sont transformés chaque année, tous issus de fermes locales. Basées à Bardos, La Bastide-Clairence ou Hasparren, une dizaine d’exploitations labellisées HVE (haute valeur environnementale) fournissent leur lait de vache, chèvre et brebis. Quatre d’entre elles sont même associées dans le projet à hauteur de 10% du capital. "Je suis convaincu que l’agriculture et l’agroalimentaire doivent être liées et non opposées".
L’indépendance par la diversification
Alors que l’atelier fabriquait ses premiers yaourts en mai 2011, une gamme complète est aujourd’hui élaborée à Bardos. Yaourts, fromage blanc, skyr, faisselles, crèmes dessert… le panel ne cesse de s’élargir dans un souci permanent de diversification. Commercialisés sous les marques Ekia, Ibaski ou Ttikia, les produits sont vendus en grande distribution, à des collectivités locales, dans le monde de l'hôtellerie ou dans sa boutique de vente directe. "Cette diversité de produits, de marques et de clients permet de garantir notre indépendance", souligne Hubert Candelé. "En bon paysan, nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier".
Dans cette même philosophie, l’équipe de Bastidarra s’attaque désormais à un coproduit jusque-là non valorisé. Pour produire du fromage blanc ou des yaourts à la grecque, le lait doit être concentré et séparé du lactosérum. Appelé également petit lait, ce liquide est traditionnellement destiné à l’alimentation des cochons. La réutilisation de cette matière se situe au cœur des réflexions depuis des années, jusqu’à lui trouver une nouvelle application.
Des produits laitiers à la cosmétique
Après des recherches bibliographiques et des voyages en Europe et en Amérique du Nord, "nous avons trouvé un modèle économique qui fonctionne, dans un tout autre domaine", raconte le fondateur. Pour cette partie, l’homme s’appuie sur Ainhoa Boscq, directrice générale de la partie cosmétique. "Le lactosérum, c’est de l’eau, des vitamines, des protéines et des minéraux dont beaucoup sont intéressants pour la peau", explique la jeune femme.
Antioxydant, antimicrobien, anti-âge et hydratant, le petit lait devient ainsi un principe actif dans des produits d’hygiène et de cosmétiques déclinés en deux marques. Gels douches, shampoings, savons, crèmes, protections solaires… l'ensemble est commercialisé sous la marque Emeki en grande distribution et Ona Cosmehtik dans l’univers des pharmacies et parapharmacies.
Pour parvenir à un tel résultat, Bastidarra a pu compter sur le soutien de la Région tant sur la partie recherche et développement que pour l'investissement en production.
Un appui qui a déjà permis de réaliser trois embauches et de mettre le projet sur les rails.
"Mon ambition est de fabriquer, demain, autant de savons que de yaourts", s’enthousiasme Hubert Candelé. Si Bastidarra réalise 6,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’activité cosmétique née en 2025 prévoit d’atteindre 500 000 euros dans 3 ans et 1 million dans 5 ans. Ceci en optimisant une ressource déjà existante, gratuite mais jusqu’alors inexploitée.
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