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Comment Les Jardins de l'Orbrie ont réussi le pari du sans alcool
Modifié le lundi 2 novembre 2026
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À Bressuire (79), les Jardins de l’Orbrie ont su transformer un verger en succès industriel. L’entreprise s’impose comme un acteur majeur du Grand Ouest des boissons pétillantes sans alcool grâce à une stratégie mêlant investissements ambitieux, innovation et ancrage local.
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Trois médailles. C'est ce qui accroche le regard dès l'accueil de l’entreprise Les Jardins de l'Orbrie. Deux argents et une bronze, décrochées cette année au Concours Général Agricole pour trois de ses jus de pommes présentés sur une étagère où trône sa gamme de pétillants sans alcool, dont sa marque phare "Cœur de Pom’". Une reconnaissance, renouvelée chaque année, pour cette entreprise dont le site de production s’étale sur 8 000 m2, qui ne doit rien au hasard, fruit d’investissements judicieux, à l’écoute des marchés et à une approche locale et environnementale.
Cette réussite industrielle, qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros , en croissance constante et une équipe de 85 salariés, est née dans les années 90 lorsque Alain Péridy a planté un verger sur 20 hectares au lieu-dit l’Orbrie (d’où le nom de l’entreprise), à Clazay. En 2001, il mise sur la vente directe et ouvre un magasin au bord d’une départementale. "À cette même époque, afin de valoriser les fruits hors calibres ou abîmés, j’ai créé un petit atelier de pressage." Les bases des Jardins de l’Orbrie étaient posées.
Quand l'innovation rencontre les nouveaux modes de consommation
Cinq ans plus tard, il investit dans une ligne effervescente (gazéification et pasteurisation) pour lancer un pétillant sans alcool. Une création née d’un constat : "Il n’existait aucune alternative festive sans alcool au champagne ou aux vins pétillants destinés aux adultes hormis les softs ou à la célèbre marque pour enfants Champomy." Un investissement conséquent et audacieux, "le double du chiffre d’affaires de l’époque", mais qui lui a permis de proposer, à d’autres arboriculteurs et à des viticulteurs, en recherche de diversification, son savoir-faire et son embouteillage à façon, service qui aujourd’hui représente encore près de 70 % de l’activité des Jardins de l’Orbrie.
Le pari s’est très vite relevé payant. En 2009, Alain Péridy investit dans des équipements plus conséquents en déménageant sur l’actuel site de l’entreprise passant de 1 salarié à plus de 40 personnes.
Un succès porté par la croissance du sans alcool, de près de 10 % par an, ces dernières années, avec la multiplication des bars sans alcool dans les grandes villes mais aussi par des brasseurs et viticulteurs qui découvrent de plus en plus l’intérêt de s’orienter vers de tel produit pour s’inscrire dans cette tendance.
Pour répondre à ces marchés, l'entreprise a développé ses propres marques : à côté de Cœur de Pom’, elle a notamment créé So Jennie, marque haut de gamme, exportée dans plus d’une vingtaine de pays, ou encore Joyart, plus récente, qui propose une gamme sans alcool, alternative au vin ou encore la bière.
Aujourd’hui, ce sont près de 100 000 bouteilles qui sortent des deux lignes de production.
Une croissance portée par des engagements environnementaux forts
Sur le volet environnemental, l’entreprise se démarque également en visant un objectif de 80 % des fruits approvisionnés dans un rayon de moins de 100 kilomètres et 40 % de la production certifiée bio. Le choix du verre s’impose également comme une règle avec le réemploi des bouteilles, lancé il y a trois ans, ainsi que le conditionnement en boîte aluminium.
Labellisée RSE PME+ depuis 2019, l’entreprise vient aussi d’achever un investissement stratégique sur un enjeu devenu crucial : l’eau. Un système en circuit fermé permet désormais de récupérer l’eau du tunnel de pasteurisation et de la refroidir grâce à un échangeur thermique à air, "réduisant de 30 % la consommation globale", précise Alain Péridy. Un projet soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine.
Forts de ces atouts, les Jardins de l'Orbrie regardent l'avenir avec ambition : l'entreprise estime pouvoir doubler son activité d'ici trois à quatre ans.
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